Le travail audacieux de Sabrina Vitali est l’expression même de ce qui mine le corps baroque : l’éclat de la lumière déjà chancelante, la façon dont l’automne se glisse dans les moments les plus triomphants de la forme, etc. Non seulement les sculptures qu’elle nous propose sont d’une fragilité définitive, non seulement les relations de ces sensualités avec nos corps nous amènent à l’anthropie future, mais l’impossibilité dans laquelle elle nous met de pouvoir jouir de la permanence des choses est une déclaration métaphysique majeure. Elle oppose l’appétit respectueux de notre rétine à la voracité de notre corps, la luisance idéale des choses à l’élan tragique de nos pulsions. Rarement la contradiction, sinon chez Genet, n’a été poussée aussi loin.

Jean de Loisy
Texte extrait du catalogue d’exposition Le vent d’après,
édition des Beaux-arts de Paris, 2011.